PASS et LAS délocalisés : vraie opportunité pour faire médecine ou fausse bonne idée ?

Depuis la réforme PASS-LAS, les études de santé se sont progressivement implantées dans des départements dépourvus de faculté de médecine. L’objectif affiché est double : élargir l’accès aux études médicales et lutter contre les déserts médicaux. Mais ces antennes délocalisées constituent-elles réellement une chance pour les étudiants ?

Une réforme pensée pour élargir l’accès

Aujourd’hui, environ 75 % des départements proposent un PASS ou une LAS. Certaines antennes, notamment lorsqu’elles disposent d’un encadrement solide et d’enseignements en présentiel, affichent des résultats encourageants. Les étudiants bénéficient parfois d’un environnement plus humain, d’effectifs réduits et de la possibilité de rester proches de leur famille, un facteur favorable à la réussite en première année.

Des résultats contrastés

Cependant, les chiffres montrent une réalité plus nuancée. Dans les universités sans UFR santé, seuls 9 % des étudiants inscrits en LAS accèdent aux filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie). Les PASS délocalisés semblent mieux fonctionner lorsqu’ils bénéficient de moyens pédagogiques équivalents au site principal : tutorat présentiel, enseignants mobiles, infrastructures adaptées.

À l’inverse, lorsque les cours sont uniquement en distanciel ou que les ressources manquent, les taux de réussite chutent fortement.

Une solution contre les déserts médicaux ?

L’idée d’ouvrir une première année dans tous les départements vise à encourager l’installation future de médecins en territoire sous-doté. Pourtant, les données actuelles ne prouvent pas un impact direct sur la répartition des professionnels de santé. La réussite dépend davantage des conditions pédagogiques que de la seule implantation géographique.

Certaines régions, comme la Bretagne, montrent toutefois qu’une stratégie globale (stages locaux, postes universitaires, partenariats hospitaliers) peut créer une dynamique territoriale positive.

Ce qu’il faut retenir pour les lycéens

Choisir un PASS ou une LAS délocalisée peut être une réelle opportunité… à condition que :

  • les cours soient majoritairement en présentiel

  • le tutorat soit accessible

  • les infrastructures soient adaptées

  • l’accompagnement soit équivalent au site principal

Avant de formuler un vœu sur Parcoursup, il est essentiel de se renseigner précisément sur l’organisation concrète du site concerné.


En résumé

Les PASS et LAS délocalisés ne sont ni une mission impossible, ni une garantie automatique de réussite. Leur efficacité dépend des moyens mobilisés et de la qualité de l’encadrement. Pour les candidats, l’enjeu est d’analyser chaque site au cas par cas, au-delà de l’argument géographique.


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